Collision Entre Un Drone Et Un B777

Vendredi, le 6 juillet 2018, un adolescent de 14 ans est laissé sous la garde de son frère de 16 ans alors que les parents se sont absentés jusqu’au dimanche. L’adolescent de 14 ans demande à son grand frère de l’accompagner après le souper afin d’aller prendre des images d’avions qui décollent à l’aéroport Montréal-Trudeau. Le plus jeune compte profiter de l’absence de ses parents pour utiliser en cachette le drone de son père. Le grand frère accepte à la condition que le plus jeune s’engage à obéir à ses ordres.

Après avoir flâné quelque peu, les deux frères se rendent à mobylette à Ville St-Laurent sur le Chemin Saint-François qui longe le côté nord de la piste 06G-24D. De cet endroit il est possible d’observer le décollage des avions, qui en cette journée d’été, utilisent la piste 24D étant donné les vents légers qui viennent du 250. Il s’agit d’un chemin sans issue et il y a très peu de passants à cet endroit. Aussitôt arrivés, les frères sortent le drone alors que deux avions se dirigent vers le seuil de piste 24D pour prendre leur envol.

Voyant que le vol SA884 de SupAir va bientôt décoller, le plus jeune s’excite et demande à son grand frère de se dépêcher à lancer le drone. Le drone d’un poids de 8,2 kg est muni d’un système qui permet de programmer sa trajectoire en la traçant sur l’écran de contrôle qui est inclus. Il s’agit d’un modèle dernier cri qui ne demande que très peu de connaissance et de pratique pour le faire voler.

Désireux de ne pas manquer le décollage du vol SA884, le grand frère programme l’altitude du drone à 50 pieds AGL avec une trajectoire d’allée-retour le long de la piste 24D. Mais dans son empressement le grand frère ne remarque pas que son tracé fait un crochet qui fait en sorte que le drone doit traverser la piste 24D afin de l’amener du côté sud de la piste.

Puis au moment de lancer le drone, celui-ci ne bouge pas, les deux frères s’excitent et tentent de trouver ce qui ne va pas avec le drone. Puis le grand frère réalise que le drone n’est pas allumé. Il met alors le drone en marche et actionne la trajectoire préétablie sans prendre le temps de vérifier où est le vol SA884 et s’il a le temps de faire la prise de vue qu’il souhaite. Le drone monte à une altitude de 50 pieds AGL et se dirige du côté sud de la piste 24DR tel qu’il a été programmé. Au même moment le vol SA884 à destination de Paris-Charles-de-Gaule prend son envol; l’appareil est un B777-300ER avec 441 passagers à bord ainsi que 14 membres d’équipage.

Alors que le vol SA884 atteint l’altitude de 50 pieds AGL, le drone entre dans le moteur numéro 1. L’impact fait éclater la turbo soufflante et une partie des débris sont aspirés par le moteur. Les compresseurs basse et haute pression explosent et certains fragments ne sont pas contenus par la nacelle. Un fragment de compresseur transperce le devant de l’aile gauche et endommage le circuit hydraulique des becs de bord d’attaque.

Tandis que l’équipage tente de contrôler le mouvement de lacet vers la gauche causé par la perte de puissance du moteur numéro un, les becs de bord d’attaque de l’aile gauche se rétractent. L’aile gauche perd alors de la portance ce qui cause un mouvement de roulis descendant vers la gauche que l’équipage est incapable de contrôler.

Le vol SA884 se retrouve alors dans un fort angle d’inclinaison à gauche et commence à décrocher alors que l’équipage tente désespérément de reprendre le contrôle. 22 secondes après son décollage, le vol SA884 fauche quelques lampadaires de l’autoroute 20 avant de s’écraser sur un quartier résidentiel de Dorval. L’appareil prend feu dès l’impact avec le sol. Les 455 occupants du vol SA884 périssent ainsi que 12 personnes au sol.

Il s’agit là d’une fiction bien entendu, mais après la collision en vol entre un King Air 100 et un drone le 12 octobre 2017 dans la région de Québec ainsi que la collision en vol cet hiver en Colombie-Britannique, entre un Cessna 172 et un objet, possiblement un drone, ayant causé près de 5 000 $ de dommage à l’avion. Il est raisonnable de croire qu’une tragédie de cette ampleur pourrait se produire quelque part dans le monde. Les drones sont de plus en plus accessibles et n’importe qui peut les piloter.